Parcours

Love Labo/Présentation de la compagnie

Love Labo est dirigée par la chorégraphe et artiste de la performance française Nathalie Broizat. Ses premiers travaux chorégraphiques datent de 2001 à New York où elle s’empare des outils de Laban Movement Analysispour créer sa propre méthodologie et écriture. Ses recherches portent sur l’identification du « monde interne » de l’individu en termes de mouvements.

Elle chorégraphie à partir d’analyses qualitatives minutieuses de mouvements et de pré-mouvements initiés par une émotion ou un sentiment à des étapes spécifiques de la vie d’un individu. A partir de ses analyses qu’elle retranscrit en partitions, utilisant les concepts et la notation de Laban Movement Analysis, elle chorégraphie des phrasés subtilement détaillés dans leurs composantes sensorielles.

Une exigence de connexion avec le public s’appose dans sa démarche ce qui confère à ses performances une invitation généreuse au processus d’identification et de projection.

Par exemple, dans ses pièces Lightness 25, Love 26, et Shape Love Project, elle travaille sur le corps éprouvé par le sentiment amoureux, questionnant son aspect universel. Dans Conversion-Delusion solo, elle travaille sur le corps traumatisé suite aux événements du 11 septembre 2001 à New York

En 2003, Nathalie Broizat intègre la compagnie Rachel Rosenthal à Los Angeles et y travaille pendant plus de 6 ans.Elle y découvre la technique de performance et d’improvisation DbD (Doing by Doing). Poursuivant ses propres travaux chorégraphiques, elle intègre la technique à sa démarche artistique pour créer de nombreuses pièces de courtes et moyenne durée en solos, duos et groupes dont : The globe and I(trio), Thaw(duo), Cash(duo), The Heads(pour 6 danseurs) etc. Elle chorégraphie également 2 longues pièces dont Amour, Where are You ?(pour 6 danseurs) en 2007, et Encore(pour 4 danseurs et 4 musiciens) en 2009, créées à Highways Performance Space à Los Angeles. Elle créé aussi Laugh is Life en 2006, une pièce pour 12 danseurs pour la compagnie Ole Miss à l’Université du Mississippi, ainsi que Foule en 2009 pour 14 danseurs. Dans ce travail, l’improvisation structurée par le protocole DbD précède le travail d’écriture via les outils de Laban Movement Analysis.

En 2015, quelques mois avant le décès de Rachel Rosenthal, elle hérite officiellement de la technique DbD (Doing by Doing) pour la développer à sa manière en France dans la création et la pédagogie. Elle s’approprie le matériau grâce à des laboratoires de recherche, les DbD Workshops, workshops- laboratoires-concepts qu’elle dirige à la Fondation des Etats-Unis ainsi qu’au Centre National de la Danse auprès de danseurs professionnels. Les Workshops se déploient également dans le cadre éducatif et auprès d’amateurs. Rapidement, elle engendre une approche très personnelle du DbD et s’émancipe de Rachel Rosenthal, tout en honorant son œuvre.

Son travail d’interprète chorégraphique auprès de Marco Berrettini participe également au façonnage et développement d’une nouvelle approche chorégraphique, toujours en lien avec ses premières recherches. Avec le DbD, elle met l’accent sur la projection dans l’espace-temps du centre-corps complexe (Core) qu’elle nomme chaire-psyché. Elle poursuit son exploration du monde interne de l’individu ainsi que sa façon d’absorber le monde qui l’entoure, pour en déployer une matière artistique très personnelle qui se compose désormais au sein du collectif.

Le noyau du travail est ainsi aussi dense et historiquement ancré dans l’histoire de l’art que son évolution est inscrite dans la recherche contemporaine et ses enjeux esthétiques.

 

Photo Anaël Miantsoukina.