Parcours

Love Labo est dirigée par la chorégraphe et artiste de la performance Nathalie Broizat. La compagnie développe un style de performance chorégraphique unique inspiré des 10 années d’expérience de Nathalie Broizat aux Etats-Unis. Elle a une vingtaine de créations à son actif. Ses premiers travaux chorégraphiques sont créés à New York avec Lightness 25en 2001, Love 26en 2002, et Shape Love Projecten 2003 (August Art Festival, Dixon Place, Movement Research à la Judson Church, Danspace Project à la St Marc etc) où elle s’empare des outils de Laban Movement Analysis pour créer sa propre méthodologie et écriture. Ses recherches portent sur l’identification du « monde interne » de l’individu en termes de mouvements. Elle chorégraphie à partir d’analyses qualitatives de mouvements et de pré-mouvements initiés par une émotion ou un sentiment à des étapes spécifiques de la vie d’un individu, qu’elle transcrit en partitions qualitatives lui permettant d’élaborer une écriture chorégraphique minutieuse. En 2004, elle devient membre de la compagnie Rachel Rosenthal, pionnière en Performance Art à Los Angeles, où elle travaille pendant plus de 6 ans. En parallèle, elle poursuit ses propres recherches et créé de nombreuses pièces dont Conversion (Delusion Solo)en 2004, Amour Where are You ?en 2009 et Encoreen 2010. Ses pièces sont jouées dans des lieux tels que Highways Performance Space, Redcat, le Getty center, le MOCA (Museum of Contemporary Art à Los Angeles), et le Single File Festival de Chicago.

En 2015, de retour en France, elle hérite de la technique de performance DbD (Doing by Doing) de Rachel Rosenthal pour la développer dans la création et la pédagogie. Elle bénéficie depuis d’une résidence à la Fondation des Etats-Unis de la Cité internationale universitaire de Paris, afin de développer ce travail lors de laboratoires de recherche et de performances. Dans ce cadre, elle créé le trio InstantT en juin 2016, et créé des Performances DbD publiques chaque année avec des professionnels et des amateurs.

Nathalie Broizat créé une fusion de la technique DbD avec sa propre méthodologie de travail. Le DbD a pris racine à New York au début des années 50 dans le cercle Cage/Cunningham/Rauschenberg dont Rachel Rosenthal faisait partie avant de s’installer à Los Angeles. "Doing by Doing" est la philosophie sous-jacente. C’est une technique qui connecte tous les aspects de la performance : le corps, le mouvement, les accessoires, les costumes, les décors, la musique, les lumières. La technique est formée d’une série évolutive d’exercices et d’expériences qui se pratiquent au sein du collectif. Catherine Grenier, commissaire de l’exposition « Los Angeles 1955-1985 » au Centre Georges Pompidou à Paris en 2006, précisait que la technique de Rachel Rosenthal obéit aux contraintes temporelles des œuvres plastiques. Nathalie Broizat en créé une matière chorégraphique multidisciplinaire où s’interconnectent tous les éléments de composition d’une pièce avec le souci constant d’être juste, sur le fil de l’instant, en connexion avec ce qui nous entoure. La notion de totalité dans l’oeuvre artistique selon la philosophie de John Cage, mais aussi l’affirmation que « se prendre au sérieux n’est pas sérieux » couplée à la rigueur de la composition et de la structuration sont des principes prédominants dans ce travail.

Aujourd’hui, la recherche de Nathalie Broizat se place entre les racines historiques de l’héritage qu’elle a reçu de Rosenthal et ses enjeux esthétiques contemporains, qu'elle développe dans une méthodologie de travail singulière, qui est devenue sienne, faisant fusion entre les principes de Laban Movement Analysis et la technique de Rosenthal. Elle s’émancipe de Rosenthal en créant une matière chorégraphique qui se déploie dans des collages visuels, sensibles et sonores. Elle est souvent drôle et onirique, mêlant les registres absurdes, abstraits et surréalistes. La forme est théâtrale et visuelle, mais les outils qui la composent sont purement chorégraphiques. La pièce InstantT 2020, pièce pour 10 danseurs, marquera une synthèse des 20 années de recherches chorégraphiques de Nathalie Broizat, signant une matière chorégraphique nouvelle née de ses expériences et héritages.

 

Photo Anaël Miantsoukina.